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Histoire : 19 août 1942 : Opération « Jubilée »
19 août 1942, les Alliés sont dans une situation difficile. Les Allemands ont pénétré très profondément en Russie et l'armée britannique en Afrique du Nord a été repoussée jusqu'en Égypte. Presque toute l'Europe est occupée par l'Allemagne et le dernier rempart qui protège l'Angleterre est la Manche.

Les Alliés mettent alors sur pied un projet de raid sur Dieppe dont les buts sont de semer la panique parmi les Allemands, de réduire l'intensité des attaques allemandes sur le front Est (permettant ainsi aux Russes de souffler un peu) et de tester les nouvelles techniques et le nouvel équipement militaire sur un vrai champ de bataille.


Opération Jubilée

Un contingent de troupes alliées essaie de débarquer à Dieppe : il est composé de 4963 soldats canadiens, anglais et américains et d’une poignée d'hommes de la France libre.

L’opération se soldera par un échec et à ce jour, les historiens sont en désaccord quant à son utilité. Presque aucune installation visée n'a été atteinte et seule une faible partie des troupes engagées a pu être évacuée. Les pertes sont très lourdes pour les alliés : 944 morts, plus de 600 blessés et environ 1700 prisonniers.

Au cours de cette opération, Sainte Marguerite fût le théâtre d’une des rares victoires des Alliés sur l’armée allemande...

Lord Lovat et le commando N° 4 débarquent sur les plages de la commune, rebaptisées pour l’occasion «Plages Oranges», avec pour mission la destruction de la batterie d’artillerie anti-aérienne 813 installée par les Allemands à Vasterival.


Récit :

Batterie d'artillerie allemande 813





Une petite route mène à la valleuse de Vasterival où débarque le commando de Mills Robert sur une grève baptisée Orange I pour la circonstance. Tout près du carrefour avec la route côtière menant à la plage de Sainte Marguerite - Quiberville (Orange II) où accostent les hommes de Lord Lovat, se trouve la batterie composée de six canons pouvant tirer à 22km : le but des commandos.


Flotte alliée partant à l'assaut de Dieppe

L’affaire débute par un mitraillage du phare d'Ailly par deux « Spitfire » ; presque en même temps, des "Hurricane" et des « Boston » bombardent la batterie allemande. Il est 4 h 30. Jusque là, tout le monde, à terre, pense à une attaque aérienne... mais pas longtemps ! A 4 h 41, les canons de plusieurs batteries tirent vers le large : les bateaux anglais ont été aperçus par un veilleur. Heureusement, les LCT (Landing Craft Tank : transport de chars) sont alors dans l’angle mort de la falaise et, comme à l’exercice, à 4 h 53, les 70 hommes de Mills Robert, guidés par un Français, débarquent comme à l'exercice sur la grève de Vasterival ; la valleuse est barrée par un réseau de barbelés que les commandos font sauter avec des « Bengalore ». Le sentier montant vers la route était-il miné en 1942 ? les témoignages divergent à ce sujet. Il l'était, en tous cas en 1945 ; l'auteur de ce texte peut en témoigner lui-même. Toujours est il que les commandos gravissent la pente sur les talus qui le bordent.

Les habitants de la première maison voient passer un marin français à pompon rouge qui crie « Tommies ! » et qui, heureusement fera l’interprète, car les Anglais très méfiants, fouillent toutes les maisons. Quelques mètres plus loin, le même Français se trouvera nez à nez avec le propriétaire de l'hôtel de la Terrasse...son ancien patron.

Robert laisse là quelques hommes pour assurer le retour et infléchit sa marche vers la droite afin d'attaquer la batterie de face, ou plus exactement de fixer la défense allemande pendant que Lord Lovat l'attaquera par derrière. Au passage, ils s'assurent que les maisons rencontrées n'abritent pas d'ennemis et les contacts avec la population française ne manquent pas toujours de sel comme le prouvent les anecdotes suivantes rapportées par une habitante de Varengeville.

« Dans ce petit matin, silencieux, visages barbouillés de noir pour être invisibles dans la nuit, ils grimpent ! Bien surpris ce brave homme cueillant ses haricots, intelligent, qui a tout de suite compris que c'est un raid de commandos et qui les laisse passer sans bruit.

Voici la première maison : une vieille femme en sort justement et ouvre la bouche de saisissement :

« Taisez-vous », chuchotent-ils, « nous venons vous délivrer, nous faisons partie de l'armée de De Gaulle ».... et alors, la femme, avec un inimitable accent :

« Ah, mais! mais! mais! mais! mes por' gens, entrez, j'vas vous faire cuire un lapin, pis deux s'il faut ! » puis, s'adressant à son petit-fils, encore couché, bien sûr : "Vié t'en, lèv' tai, vié voir, est des soldats à De Gaulle, est des nègres, mais y' z'ont le co blanc ». Traduire par "Viens, lève-toi, viens voir, ce sont des soldats à De Gaulle, ce sont des nègres, mais ils ont le cou blanc". Inutile de dire que si l'invitation fut appréciée, elle ne put être acceptée.

Vers 10 heures, nous voyons un avion tomber non loin de là ; le pilote a sauté et ouvert son parachute. Le maire et quelques personnes qui avaient vite rallié la mairie, se précipitent vers le point de chute de l'homme qui se balance doucement dans l'air limpide de ce beau jour d'été. Je suis le mouvement et nous nous retrouverons à plusieurs dans le clos entourant une petite maison. Le pilote est là, abasourdi, ne prononçant pas un mot ; et chacun de s'apitoyer : pour nous ce ne peut être qu'un Anglais. Quelqu'un apporte une chaise ; le voilà assis, ou plutôt affalé ! Un brave homme constate qu'il n'a plus ses chaussures et court lui chercher ses vieilles charentaises. La propriétaire de la maison déclare : « J'vas lui donner une goutte! » et l'on fait boire le précieux breuvage à l'aviateur qui commence à ouvrir les yeux et à secouer la tête !... Soupir de soulagement ! A ce moment, quelqu'un dit : « On pourrait peut-être le débarrasser de sa combinaison ». Le maire tire sur la fermeture éclair et alors... ô stupeur !... que voit-on ? le ceinturon orné de l'aigle et de la croix gammée !... Silence... Nous sommes tous devenus muets, atterrés. Un temps... puis la femme, navrée, s'écrie : « Est un Boche ! Oh ! Pi mé qu'y a donné ma goutte ! ». Savoir combien de regrets passèrent dans cette petite phrase.

Mais le signal est donné. Le bon vieux s’écrie : « Et pi mé, j'y ai donné mes chaussons ; ah mais faut qu'y m'rend mes chaussons ; ah mais ! j'veux mes chaussons ! » Et de se précipiter aux pieds de l'Allemand qui commence à reprendre ses esprits et qui n'y comprend vraiment rien.

Après tout, n'est-ce pas là la preuve d'un bel esprit de résistance ? »

Pendant ce temps, les Anglais proposent même à quelques Français de les emmener avec eux, mais, après quelques hésitations, ces derniers finiront par refuser, craignant, à juste titre, des représailles sur leurs familles.

Le commando de Mills Robert remplit parfaitement son rôle mais eut à déplorer quelques tués et des blessés qui furent rembarqués grâce à la périssoire de M. Cadot qui servit de civière flottante.


Lord Lovat et la Batterie 813

Débarquement des troupes alliées.


Orange II (plage de Sainte Marguerite - Quiberville) A 2h 58, dans une nuit noire, le grand LSI (Landing Ship Infantry : transport de personnel) "Prince Albert" jette l'ancre exactement à l'endroit prévu. Presque aussitôt, le phare d'Ailly s'illumine pour guider, nous le savons, un petit convoi allemand. Le transport de troupes met quand même à l'eau les sept barges qui doivent mettre à terre les 180 hommes du Commando N° 4, dont 6 rangers américains et deux français : François Balloche et Raymond Rabouhans (ou Taverne) qui sont les guides de l'expédition. Le lieutenant Shimi Lovat, qui s'illustrera plus tard, le 6 juin 1944, sur la plage de Sword, puis aux deux ponts de Bénouville, près de Caen, commande le groupe.


Pendant que les barges s'avancent vers la côte, la mer s'illumine, le canon tonne : c'est l’accrochage naval. Puis tout s'éteint, y compris le phare d'Ailly, la canonnade cesse, le silence revient, à peine troublé par le bruit du ressac. Les hommes de la batterie 1/799, de Saint-Valery-en-Caux, qui auraient pu causer de lourds dommages aux navires, dorment tranquillement.

Quant à la batterie 813, en quelques coups, elle pouvait couler le "Prince Albert" et ses vedettes de soutien... Elle semble se désintéresser totalement de la question. Pas plus que les autres unités de la côte, elle n'a pas été prévenue. L'alerte ne sera donnée qu'à 4 h 50 par le QG d'Arques-la-Bataille, c'est-à-dire 9 minutes après que les veilleurs de Varengeville ont fait tirer les batteries et, surtout, près d'une heure après l'engagement naval qui a illuminé toute la côte. Mais il y a alors 3 minutes que les commandos de Lord Lovat ont débarqué. Un seul obus de mortier tombe sur les barbelés que les Anglais franchissent difficilement : les obus suivants semblent être dirigés contre les LCA (Landing Craft Assault : embarcation d'assaut blindée) qui regagnent promptement le large. Cela permet aux commandos de s'en aller tranquillement vers Varengeville, en suivant la rive droite de la Saâne.

Les Allemands ont-ils cru, à ce moment là, avoir repoussé le débarquement dans ce secteur ? Peut-être !

Le commando progresse souplement dans la nuit, quitte la Saâne, Suit le côté gauche de la route côtière puis, au premier virage, l'abandonne pour éviter le centre de Sainte-Marguerite-sur-Mer et passer entre le village et le bord de la falaise, franchissant les clôtures de fil de fer barbelé, escaladant les fossés (en Normandie, un fossé est un talus), contournant les villas où dorment encore les Allemands, le tout dans le plus grand silence, sans même que le bruit d'une arme contre une boucle de ceinturon révèle leur présence. Ce sont des commandos au béret vert : leur équipement spécial, et surtout leur long entraînement, après une sévère sélection, leur permet de se déplacer comme des chats malgré leur nombre.

Ils parviennent ainsi sur les arrières de la batterie 813, entourée d'un talus surmonté de barbelés et défendue par 9 armes automatiques et une pièce de 37 mm. A l'intérieur du quadrilatère, une centaine d'Allemands environ (les estimations des différents historiens varient de 87 à 112) ; ce sont en général des hommes d'une quarantaine d'années, bien connus des habitants du village.

Lord Lovat, lui, traverse un champ de mines, grâce aux pancartes indicatrices obligeamment plantées par la Wermarcht, rencontre plusieurs Français auprès desquels il obtient des renseignements, en particulier sur la route à suivre, et débouche au carrefour juste au moment où Mills Robert attaque avec un mortier et un fusil anti-char. Un obus anglais écrase le réseau de barbelés, ouvrant ainsi un passage; un autre tombe sur un dépôt de munitions qui saute. Les premiers commandos découvrent 35 militaires ennemis qui se préparaient, à l'abri d'une maison, à contre-attaquer Mills Robert. Ils sont fauchés à la mitrailleuse et les survivants faits prisonniers. Le ranger Koons abat un homme de la Wermarcht qui fut sans doute le premier Allemand à être tué par un américain, sur terre tout au moins.

Au même moment, comme dans un ballet bien réglé, les "Spitfire" de l'escadrille 129, mitraillent la batterie où la confusion est à son comble.

Le commando français Balloche bascule le premier par-dessus le talus qui protège les canons et abat un artilleur. Les autres suivent. C'est un terrible combat corps à corps où toutes les armes, même le rasoir, sont utilisées. Les alliés arrivent au centre de la batterie, des Allemands s'enfuient (on en retrouvera à Hautot et à Longueil), la plupart sont tués ou blessés ; 4 sont faits prisonniers et après avoir servi de brancardiers en utilisant, entre autres, la porte des WC de Mme Bertin, seront emmenés en Angleterre. Le commandant allemand de la batterie est tué (ou se serait suicidé disent certains) Quelques civils français sont hélas blessés, dont une femme qui, en pleine bataille, tentait de traire se vaches dans un pré voisin et qui eut le bras arraché, mais elle survivra.

En quelques minutes, les spécialistes de Lord Lovat et de Mills Robert dynamitent les 6 canons qui n'ont pu tirer, avant l'arrivée des commandos, que quelques coups en direction des navires embossés devant Dieppe, sans leur causer de dommages. Le but de l'opération est atteint

Ce qui est curieux, c'est que malgré la coupure de deux lignes téléphoniques reliant la batterie au phare d'Ailly, aucun secours ne leur ait été envoyé. Le Quartier Général allemand semble avoir été plus que surpris, débordé, par les événements. A 7 h 14 seulement, il donne l'ordre de contre-attaquer à l'unité 1/571 basée à Ouville-la-Rivière, mais lui indique à la fois deux objectifs : Hautot et Varengeville, puis annule cet ordre et ordonne aux troupes stationnées à Bacqueville (16 km) de reprendre Quiberville. Ce n'est qu'à 9 h que le QG divisionnaire apprend la perte de la batterie 813. A ce moment là, il y a exactement une heure que le dernier commando britannique, Lord Lovat lui-même, a rembarqué à Vasterival, laissant les morts, mais emmenant tous les blessés, sauf un qui était intransportable.

Au cours de l’opération Jubilée, de tous les objectifs assignés, seule la batterie 813 a été atteinte...


Mémorial de la plage









Aujourd’hui, quelques vestiges des blockhaus et du site de la batterie 813 sont encore visibles dans la commune et un monument est érigé sur la plage en hommage à ceux qui y ont débarqué en ce jour d’août 1942 et en mémoire de ceux qui y ont laissé leur vie.


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